Un petit point sur l’aromathérapie

Le terme “aromathérapie” vient du latin “aroma” qui signifie parfum, et de la racine grecque “therapeia” se référant à la thérapie et aux soins. Cette étymologie correspond aux “soins par les essences aromatiques des plantes”.

Cette discipline, appartenant au domaine de la phytothérapie, consiste en l’utilisation thérapeutique (préventive ou curative) des plantes, sous une forme galénique particulière : l’huile essentielle. Ces huiles volatiles, d’une très forte concentration, sont obtenues par extraction de l’essence odorante des plantes, des résines et fleurs puis par distillation.

Un peu d’histoire

Traditionnellement, la pharmacopée antique était axée sur l’utilisation des plantes. L’extraction et la distillation de ces dernières sont d’ailleurs décrites en Chine et en Inde, le système chinois de guérison étant très avancé dans l’utilisation des plantes depuis près de 2500 avant JC et une pratique encore plus ancienne de la médecine Indienne (5000 avant JC). Ce sont cependant les égyptiens qui sont reconnus comme les pionniers de l’usage des plantes aromatiques. Leur utilisation des huiles essentielles allant à l’embaumement des défunts, aussi bien qu’au brûlage d’encens, de la confection de cosmétique et soins de peau jusqu’à un usage médicinal. Les romains en firent une utilisation sous forme d’onguents gras, mais optaient génarelement pour une application en matière d’hygiène et de beauté, les huiles aromatiques étant souvent employées dans les bains publics et massages. De plus, les récits de Dioscoride suggèrent un usage d’extraits aromatiques dans la médecine grecque, était d’ailleurs relatée une fumigation par des essences aromatiques de la ville d’Athènes par Hippocrate pour débarrasser la ville la peste, de par leurs supposées vertus contre les maladies contagieuses .

Si la distillation et l’extraction sont avérées pour le traitement des huiles volatiles, les méthodes se sont ensuite développées, avec la création de l’alambic par le persan Jabir ibn Hayyan au VIIIe siècle. Au tournant du XIXe siècle, les principes actifs des substances odoriférantes commencèrent à être isolées et classifiées, d’où une application plus spécifique des huiles par la suite. Vers 1700, l’utilisation des huiles essentielles était devenue partie intégrante de la médecine traditionnelle, et cela s’est poursuivi jusqu’à ce que la science de la chimie se développe à un point tel que des matériaux synthétiques pouvaient être créés en laboratoire. Par exemple, l’acide salicylique, l’ingrédient actif du saule a été produit par synthèse en 1852. C’est durant cette période que le laboratoire a commencé à remplacer le jardin d’herbes aromatiques en tant que principal fournisseur de médicaments.

L’approche clinique de l’aromathérapie a néanmoins continué de se développer et en 1969 en France, Maurice Girault a développé «l’aromatogramme», basé sur les recherches de Schroeder et Messing. Les aromatogrammes impliquent une technique de laboratoire qui identifie les capacités antimicrobiennes d’huiles essentielles spécifiques par rapport à des pathogènes microbiens spécifiques. À la suite de cette évolution, de nombreuses recherches supplémentaires ont été menées sur le potentiel antimicrobien des huiles essentielles.

Une approche botanique et chimique pour mieux comprendre ce qu’est une huile essentielle

Les huiles essentielles sont des composés extraits à partir des plantes. Ces substances volatiles captent l’odeur et l’essence de la plante. Elles sont obtenues par distillation ou par des méthodes mécaniques, telle que la pression à froid. 

Les huiles essentielles sont constituées d’un large éventail de composants chimiques qui se composent des  présents dans divers matériaux végétaux. Les principaux composants chimiques des huiles essentielles comprennent les monoterpènes, les  , les  , les  , les  , les  et les  , qui sont volatils et peuvent produire des  caractéristiques . Différents types d’huiles essentielles contiennent des quantités variables de chacun de ces , qui confèrent à chaque huile essentielle son parfum particulier et ses caractéristiques thérapeutiques. 

Comment utiliser les huiles essentielles ?

Il existe plusieurs manières d’utiliser les huiles essentielles, soit par application externe ou par voie aérienne. Ces divers procédés seront détaillés ci-après, n’en tiendra qu’à vous de choisir la manière la plus appropriée dans votre cas.

Application externe

Les huiles essentielles sont liposolubles, autrement, dit, elles sont immédiatement absorbées par la peau. La première façon, et aussi la plus répandue d’utiliser une huile essentielle est de l’appliquer directement sur la peau afin qu’elle soit absorbée, soit sur des zones bien ciblées, soit en massages. Néanmoins, il faut penser à ne jamais en faire une application cutanée sans la diluer avec une huile de support, telle que de l’huile de noix de coco ou de l’huile d’amande.

Application aérienne

Une première façon d’utiliser une huile essentielle par voie aérienne est de simplement porter son nez au dessus du flacon et de respirer, ou alors d’en verser quelques gouttes sur un mouchoir et inspirer profondément. Une autre méthode est l’inhalation, pour se faire, versez 3 tasses d’eau dans un bol, puis rajoutez 2 à 3 gouttes d’huile essentielle avant d’inhaler lentement les vapeurs. Un autre procédé reconnu est d’utiliser un diffuseur, ajoutez quelques gouttes d’huile aromatique dans l’appareil et laissez circuler dans l’air de votre pièce les effluves odoriférantes. Enfin, vous pouvez également penser à ajouter un peu de ces solutions volatiles dans vos bains.

Conseils et précautions d’emploi

Les huiles ne doivent être ni ingérées ni appliquées pure. Certaines, spécifiquement les phénols et les cétones, ne conviennent pas pour un usage via un diffuseur car elles irritent les muqueuses respiratoires. Aussi, un usage répété et trop important n’est pas préconisé, ces composés volatils demeurant à la base des actifs chimiques hautement concentrés.